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Pierre Conesa aux musulmans : "Arrêtons le discours de la victimisation"

18-12-2015

Clément Pétreault - LePoint.fr



Le Point.fr : Vous dénoncez la posture de victimisation qui sévirait dans la communauté musulmane. N'est-ce pas aller un peu loin ?

Pierre Conesa : La France est le pays qui a la plus grosse communauté musulmane, la plus grosse communauté juive, la plus grosse communauté chinoise, la plus grosse communauté arménienne en Europe. Et l'on vient me dire que c'est un modèle d'intégration qui ne fonctionne pas ? Notre modèle d'intégration fonctionne et nous n'avons de problème qu'avec une toute petite partie de la communauté musulmane. Osons désigner ce problème : le salafisme. Cette pratique de l'islam est la plus antirépublicaine qui soit. Je me suis rendu, sur invitation de l'UOIF, à la rencontre annuelle des musulmans de France au Bourget. J'étais aux côtés de ce que Gilles Kepel désigne comme des « entrepreneurs politiques », des gens qui expliquent à qui veut l'entendre que la République rejette les musulmans en les empêchant de vivre leur foi. Mais c'est totalement faux ! Par exemple, ce ne sont pas les lois de la République qui empêchent certaines femmes musulmanes d'aller à la piscine. Ce sont ces femmes qui se l'interdisent elles-mêmes ! On a laissé s'installer un système d'accusation qui entretient un discours de victimisation et l'illusion d'une islamophobie.

Nous n'assistons donc pas à une dérive communautaire ?

Notre modèle n'est pas cassé comme on peut l'entendre. Un bon indicateur est le nombre de départ vers la Syrie. Ce chiffre, on doit le rapporter à la communauté musulmane et non à la population totale. Le cas de la France est alors intéressant, car il y a proportionnellement moins de départs en Syrie que depuis la Grande-Bretagne ou la Belgique. Je défends un modèle qui fonctionne. Il faut avoir conscience que les modèles communautaristes n'ont pas du tout agi comme rempart contre les vocations djihadistes, au contraire. Ce sont des milieux clos auxquels on a abandonné certaines obligations régaliennes comme l'enseignement, sans aucun contrôle.

Vous vous montrez très critique à l'égard de l'intervention française en Syrie...

On ne combat pas le terrorisme avec des moyens militaires. Un attentat est précisément destiné à provoquer une riposte. Cela ne veut pas dire que l'on ne doit pas répliquer, mais il faut y aller avec un calendrier de retrait. Il faut dire aux pays du Golfe : « La guerre sunnites contre chiites, on ne peut rien y faire. Le massacre des Kurdes, on peut tempérer, mais c'est à vous de régler le problème. Quant à la question d'Assad contre tous les autres, c'est votre problème. » Il faut arrêter de se voir comme des chevaliers blancs qui vont remettre de l'ordre dans une région. On peut être accepter d'être facilitateur politique, mais en aucun cas belligérant. On a commencé par être anti-Iraniens, puis anti-Assad et maintenant on est anti-Daech pour défendre l'Arabie saoudite... Soyons sérieux ! Notre diplomatie est ridicule. Nous avons été erratiques dans le choix de l'ennemi et nous prenons plus de décisions de politique extérieure en fonction des caractéristiques des crises, mais de l'opinion intérieure.

Quel contre-discours préconisez-vous ?

Les jeunes qui partent faire le djihad sont persuadés qu'ils défendent les musulmans en général, premières victimes de nos actions militaires. Mais ce qu'on oublie de leur dire, c'est que les salafistes tuent principalement d'autres musulmans. Il faut que nous apprenions à être cohérents sur la laïcité. On a fait du Dalaï-Lama, le 13e dieu sur Terre, un citoyen d'honneur de la ville de Paris, capitale de la laïcité. C'est quand même un rapprochement géopolitique original non ? Arrêtons d'envoyer des signaux paradoxaux. Il faut fermer les sites salafistes sans craindre de stigmatiser la communauté musulmane. Quand un boucher assassine sa femme, on ne s'interroge pas pour savoir si on stigmatise tous les bouchers ? Eh bien là, c'est pareil. Ces sites expliquent que l'on peut frapper sa femme ou que l'on devient un chien en écoutant de la musique, il n'y a même pas de question à se poser. C'est comme cela que l'on arrêtera le discours de la victimisation. Parallèlement, il faut adopter les mesures pour normaliser les relations avec la communauté musulmane et encourager, par exemple, la formation des imams et l'étude. Enfin, il faut réviser notre politique étrangère. Se retirer militairement et demander aux pays du Golfe combien de réfugiés sont-ils prêts à accueillir. On a eu les réfugiés afghans, les réfugiés syriens, demain ça sera les Yéménites... Que les pays du Golfe prennent leurs responsabilités. L'Arabie saoudite qui accueille deux millions de pèlerins chaque année a la place et les infrastructures pour gérer un flux.

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