Pour comprendre ce que signifie l’expression président de l’allure, vous devez lire mon précédent article « Au Liban deux Présidents, un qui a l’allure et l’autre qui a la carrure ». J’ai expliqué dans ce billet, mon point de vue sur la Présidence de la République Libanaise. Aujourd’hui, j’aimerais donner mon point de vue sur le patriarcat maronite et son locataire. Mais, pourquoi je rédige ce billet ?
Une dépêche est tombée sur un site libanais, il m’a surpris et m’a fait en même temps rire ironiquement. M. Walid Khoury a transmis au patriarche maronite les remerciements du Général Michel Aoun pour l’envoi d’un représentant de sa part à l’occasion de la messe qui a été célébrée pour la fête de Saint-Maron à la montagne libanaise.
Dites, les rôles se sont inversées ? Pourquoi le Général doit remercier le Patriarche pour ce geste, tandis que c’est ce dernier qui doit remercier le Général pour sa présence et pour ce qu’il fait pour les chrétiens du Liban et surtout les maronites. Pourquoi le Général Aoun doit être présent à ce genre de manifestations, lui qui prêche la laïcité, lui qui est un homme politique, tandis que l’ecclésiastique qu'est le Patriarche n’est pas présent en personne pour la fête du patron de son Eglise. Pourquoi c’est le Général Michel Aoun homme politique qui doit faire le tour en Syrie et au Liban à l’occasion du jubilé de Saint Maron, tandis que le Patriarche qui est nommé sur la tête des maronites à Antioche et dans tout l’orient ne bouge pas d’un doigt. Il ne veut pas aller en Syrie le Patriarche ? Il est fâché avec le régime de Bachar al Assad ? Un ecclésiastique comme lui, un homme soit-disant spirituel préfère abandonner ses enfants en orient et n’accepte pas de faire une concession, pour célébrer les festivités de celui qui est le patron de sa confession religieuse.
Le Patriarche n’est pas plus contre la Syrie que d’autres libanais, surtout le Général Michel Aoun. Mais au Liban c’est le monde à l’envers. Les militaires qui ont fait la guerre et les politiciens prêchent la paix, la tolérance et l’ouverture. Tandis que la plupart des ecclésiastiques prêchent le repli sur soi, la radicalisation et l’enfermement, en mettant le passé comme écran devant eux. Le passé tout le monde le connaît, mais le Patriarche va rester accrocher combien de temps encore à ce passé, en handicapant l’évolution des chrétiens du Liban ? Le souci du patriarche d’Antioche et de tout l’Orient est le suivant; il est accroché au passé pareil comme il est accroché à la crosse de l’Occident qui l’étrangle et pend le Liban à la volonté de l’étranger. Je ne sais pas comment dire, mais les parents du Patriarche sont nés sujets syriens. Alors arrêtons les enchères, tendons la main à l’autre. Car si les syriens veulent faire pareil, ils pourront aussi nous demander où sont leurs morts sur le territoire libanais. Certes, nous étions en train de nous défendre disent certains, mais quand-même nous allons rester braquer combien de temps vers nos voisins, en attendant que l’Occident vienne nous sauver. Pour ma part, je l’ai trop attendu et en lisant de plus en plus l’histoire du Liban, je constate que l’occident n’a fait que son intérêt en me gâchant mon enfance, ma jeunesse et ma vie. L’heure est à la tolérance et au pardon, ce sont les notions qui peuvent régler tous les problèmes passés.
C’est cela que m’a appris le Général Michel Aoun, c’est ce qu’il essaye de faire en Orient, le berceau des civilisations. Le Patriarche maronite est en perte de vitesse, il perd sa crédibilité auprès de la majorité des chrétiens d’Orient et notamment du Liban. Je crains qu’il soit décrédité au fur et à mesure surtout avec les actions de certains militants qui lui sont favorables, qui pratiquent l’enfermant sur soi, joints par quelques ecclésiastiques véreux. Je crains que cela mène à une genre de révolution, mais de quel genre... cela reste à déterminer. Mais dans l’état actuel des choses, Michel Aoun ne sera pas uniquement le Président de la carrure, mais aussi le Général d’Antioche et de tout l’Orient.
Voilà comment je vois les choses |