Présidé par le général Michel Aoun, chef du Courant Patriotique, le bloc du « Changement et de la Réforme », a tenu hier à Rabieh sa réunion hebdomadaire.
Le bloc a discuté de différentes questions notamment le problème de circulation et les mesures qui doivent être prises pour résoudre ce problème. Le bloc a par ailleurs appelé à réviser la légalité des décisions prises par le cabinet de l’ancien Premier Ministre Siniora et qui contredisent la constitution.
Voici un extrait du discours du général Michel Aoun, lors d’une conférence de presse tenue à l’issue de la réunion :
« Nous avons discuté de différentes questions notamment le problème du trafic dont les solutions paraissent introuvables. Ce que nous devons réaliser depuis 20 ans, nous ne pouvons pas le réaliser aujourd’hui ; de même, ce qui doit être achevé aujourd’hui ne peut pas être remis pour les prochaines années. Il y a un proverbe qui dit : "gouverner c’est prévoir" ; mais ce n’est pas le cas, l’Etat n’assume pas ses responsabilités. Si quelqu'un essaye de prédire chez nous, on l’attaque et on l’accuse de pessimisme.
Pas de solutions dans le futur proche pour le problème de circulation, les solutions proposées ne sont pas réalisables, ils nécessitent beaucoup de temps.
La solution sera à trois niveaux :
- Il faut qu’il y ait une décentralisation administrative
- Il faut qu’il y ait une décentralisation économique en transférant les industries hors de la capitale
- Il faut développer le secteur de transport public
Sans ces trois mesures pas de solution ni aujourd’hui, ni après cent ans. La construction d’une autoroute périphérique après 20 ans ne résout pas le problème car les choses seront plus compliquées.
En outre, nous avons discuté de la légalité des décisions prises par le cabinet de Fouad Siniora, surtout que celles qui englobent des accords et des crédits, ont été décrétées en négligeant la constitution.
Il fallait réviser ces décisions mais il parait que les personnes en charge ont oublié cela.
En ce qui concerne le débat sur les demandes d’écoute présentées au ministère des Télécommunications, nous déclarons que le ministère ne rejette aucune demande de surveillance pour des lignes soupçonnées d’espionnage.
D’ailleurs, nous rappelons que le ministre Gebran Bassil avait formé une chambre pour le contrôle des appels. Nous nous demandons pourquoi le ministère de l’Intérieur ne l’a pas encore prise en charge ?! »
Répondant aux questions des journalistes, le général Michel Aoun a exprimé sa crainte que l’acte d’accusation qui sera décrété par le Tribunal spécial pour le Liban soit politisé et qu’il y ait un pré-jugement surtout que tous les juges du TSL appartiennent à des pays qui qualifient le Hezbollah de terrorisme. « Si les préjugés s'imposent, il y aura des lacunes dans l'enquête. Nous avons demandé à plusieurs ministres européens et à des ambassadeurs pourquoi accusent-ils le Hezbollah de terrorisme et de préciser une opération terroriste faîte par le Hezbollah. Pas de réponse, la seule justification est le respect pour la qualification américaine.», a-t-il indiqué.
Par ailleurs, le général Aoun n’a pas nié le scénario publié par le quotidien « As-Safir » tout en notant que c’est une analyse de leur part. « C'est comme cela que nous l'avons imaginé. En tant que militaires et experts de la guerre révolutionnaire, nous connaissons les mécanismes d'une telle guerre. Nous ne démentons pas ce scénario. Regardez le nombre d'agents qui travaillent pour le compte d'Israël. Combien d'agents faut-il pour lancer une vingtaine de bombes en une seule nuit ? Nous notons que les agents existent partout ».
Concernant les droits palestiniens, Aoun a souligné: "Ce qui ne nous a pas plu dans cette affaire, c'est le choix entre l'explosion de la situation au Liban et le fait de donner aux Palestiniens leurs droits civiques. Comme si les Palestiniens nous menaçaient de transférer leur rancune envers les Israéliens qui les ont chassés de leur terre à certains Libanais, comme l'ont noté quelques journaux. Ceci est très dangereux, si les Palestiniens acceptent d'être implantés hors de la Palestine, nous leur montrerons alors le chemin. Qu'ils fassent comme les Libanais émigrants au Canada, en Australie, en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Que personne ne nous impute la responsabilité de tout échec arabe et international. Mais si les Palestiniens rejettent l'implantation, tout comme nous, ceci n'aura pas lieu alors", a-t-il conclu. |