Le Boeing 737 d’Ethiopian Airlines transportait 90 personnes à son bord. Le ministre libanais de la Défense a déclaré hier que le mauvais temps était manifestement la cause du crash.
Ils ont attendu plusieurs heures dans un salon de l’aéroport de Beyrouth, anxieux de connaître le sort de leurs proches. Certains, submergés par la douleur, se sont évanouis. Ils ont dû être pris en charge par les volontaires de la Croix-Rouge.
Une autre, abattue par la tragédie, faisait éclater son désespoir : « Pourquoi, Pourquoi ! » a-t-elle scandé au milieu de la foule. Résignée, une femme hurlait : « Je sais qu’ils ne vont pas le trouver ! » « Il », son mari, l’un des 90 passagers du vol 409 d’Ethiopian Airlines qui devait relier Beyrouth à Addis-Abeba en Ethiopie dans la nuit de dimanche à lundi.
Mais quelques minutes après le décollage, l’appareil s’est abîmé en mer au large des côtes de Naameh, à environ 12 kilomètres au sud de Beyrouth (Liban). A 2 h 30 heure locale, (1 h 30 heure de Paris), l’appareil a « soudainement » perdu le contact avec la tour de contrôle de l’aéroport de Beyrouth, avant de sombrer.
« C’est comme si la mer tout entière s’était illuminée », a raconté un témoin, évoquant une boule de feu qui plongeait dans la mer. Le Boeing 737 se serait préalablement désintégré en quatre morceaux. Foudre ? Piste terroriste ? Hier, les autorités libanaises ont privilégié la première hypothèse.
Mauvaises conditions météo
« Le mauvais temps est manifestement la cause du crash », a déclaré Elias Murr, le ministre libanais de la Défense. Cette éventualité avait été aussitôt envisagée au vu des très mauvaises conditions météorologiques, tempêtes accompagnées de fortes pluies qui agitent le pays ces derniers jours. Plus tôt, la piste terroriste avait été, elle, exclue. « Nous avons écarté tout acte de sabotage », a précisé Michel Sleimane, le président libanais évoquant un « événement tragique ».
Hier, une journée de deuil national avait été décrétée. Pour faire la lumière sur les causes précises du crash, le gouvernement a mis en place une commission d’enquête. Deux hommes du Bureau français d’enquêtes et d’analyses (BEA) pour la sécurité civile devaient également y participer. Ils étaient attendus sur place hier. La compagnie Ethiopian Airlines, de son côté, a dépêché une équipe d’enquêteurs au Liban.
Recherche de survivants
Pendant ce temps, sur la zone du crash, les opérations de recherches impliquant l’armée et la marine libanaise, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), mais aussi des appareils américains, français, britanniques et chypriotes se sont poursuivies toute la journée. Des investigations destinées à venir en aide à d’éventuels rescapés. Une priorité pour le gouvernement au cours des « 72 heures à venir », a précisé un responsable du ministère de la Défense. Pour l’heure, 24 dépouilles, dont celle d’un enfant, ont été retrouvés sur les lieux du crash. Tandis que la mer a ramené sur le rivage valises et effets personnels des passagers.
Les corps ont ensuite été transférés à l’hôpital de Beyrouth où les proches des passagers se sont pressés, hier, afin d’obtenir des informations. Une équipe de médecins légistes chargée d’identifier les victimes via des tests ADN a été mise en place. « J’espère que dans la nuit […] nous retrouverons tous les passagers morts ou vifs », a déclaré le ministre libanais de la défense. Une tâche que l’obscurité rend encore plus compliquée.
L’épouse de l’ambassadeur de France était à bord
83 personnes ont pris place dans la nuit de dimanche à lundi à bord du vol 409 d’Ethiopian Airlines à destination d’Addis-Abeba, auxquels s’ajoutent les sept membres d’équipage.
Parmi eux, 54 Libanais, 23 Ethiopiens, une Britannique, un Irakien, un Syrien, un Turc, et un passager de nationalité inconnue. Enfin, une Française, Marla Sanchez Pietton, l’épouse de l’ambassadeur de France au Liban, Denis Pietton, faisait elle aussi partie des passagers.
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