Présidé par le général Michel Aoun, chef du Courant Patriotique Libre, le bloc parlementaire du Changement et de la Réforme a tenu hier à Rabieh sa réunion hebdomadaire.
Voici un extrait du discours que le général Aoun a adressé à l’issue de la réunion :
« Nous avons discuté aujourd’hui de 4 actualités; le processus qui sera adopté pour les désignations administratives, les nominations, les élections municipales et l’abolition du confessionnalisme politique.
Nous avons étudié la possibilité de reporter les élections municipales ou de les tenir à temps prévu. Ce qui est essentiel et important est que ce sujet soit finalisé rapidement car il n’est pas permis d’arriver à l’échéance sans savoir s’il faut se préparer pour ces élections ou non.
Les réformes sur la loi électorale municipale sont très importantes, ces réformes ne doivent pas se limiter par la prise de quelques mesures mais il faut développer l’auto-surveillance et le service qui surveille le travail de l’Etat. D’ailleurs la situation de ces services est catastrophique, les plaintes déposées auprès de ce service disparaissent, le circuit est mauvais ; nous avons besoin des contrôleurs sur les contrôleurs.
En ce qui concerne les nominations, nous avons discuté la situation de la corruption et nous avons informé les députés de notre bloc du contenu de l’article de la journaliste Ghada Halawi, quotidien « Al-Balad ». Selon cet article, M. Münzer Khatib, ancien président du conseil de service civil et qui a une expérience de 11 ans, a révélé que la corruption est répandue partout. La situation du service publique nous pousse soit à pleurer soit à se révolter.
De cette catégorie que M. Khatib a décrite, ils veulent que nous désignions des personnes pour les postes de la première catégorie. Il est évident d’avoir une nouvelle loi. Il n’est pas nécessaire de se limiter à l’ancienne loi et cela en attendant à ce que les Administrations soient bien structurées pour pouvoir choisir le meilleur et le promouvoir. L'ambiance générale au sein de l'administration nous pousse à douter de nous-mêmes et il est indispensable de régler le problème de cette corruption généralisée.
Il faut juger et questionner tous ceux qui sont responsables de la corruption répandue dans les secteurs publics, non seulement les directeurs et les employés mais également les ministres qui étaient responsables à cette époque ; les ministres concernés comme premiers responsables de ces vicissitudes administratives. Il n'y a aucune volonté de contrôler ni de demander des comptes.
Nous avons également examiné le mécanisme proposé pour les nominations, depuis un certain temps une loi pour les désignations a été décrétée, mais le conseil constitutionnel l’a abolie en 2001 car elle se contredit avec les prérogatives constitutionnelles des ministres. C’est le même mécanisme proposé aujourd’hui, l’application de ce mécanisme est comme s’il y a un conseil de garde sur le ministre en charge. Seul le ministre en charge peut éliminer le nom d’un candidat et accepter un autre.
Nous avons discuté aussi du sujet des élections municipales, la loi électorale municipale nécessite une étude développée et il n’est pas suffisant d’amender 2 petites questions. Nous voulons contrôler le travail au sein des conseils municipaux et au sein des services de contrôle des municipalités car la situation est insupportable. La corruption est énorme au sein des municipalités et les citoyens n’osent pas parler, il faut agir rapidement », a affirmé le général Aoun.
Interrogé sur les récents propos du chef du Fateh-Intifada, Abou Moussa, le général Aoun a estimé qu'il n'y a plus de problème, puisqu’il s'est rétracté.
« Toutes les parties annoncent qu’ils veulent tenir les élections à temps mais nous ne savons pas s’il y a des intentions cachées ; il faut attendre pour voir. A chaque fois il y a un projet réformateur, certains accusent les autres de vouloir échapper les élections. Pourquoi au Liban toujours on assume, le monde entier ne se développe qu’à travers les changements ; pourquoi chez nous on tient à cloner le passé ? Ce n’est pas vrai, nul ne vise à échapper les élections, mais certains veulent maintenir leur contrôle sur notre capitale Beyrouth. Il y a une partie des Citoyens qui n’est pas représentée au sein du conseil municipal de Beyrouth, soit ils nous aident à accorder ce droit, soit ils le renoncent et le problème persiste », a indiqué le chef du CPL.
Questionné ensuite sur la table de dialogue nationale, le général Aoun a assuré que cette table doit discuter des différents sujets notamment des armements des Palestiniens hors des camps. « Si la table de dialogue sera réservée pour la question de la stratégie de défense uniquement, elle serait totalement inutile parce qu'il existe un quasi-consensus national à ce sujet », a-t-il dit.
Enfin, abordant le sujet de l’abolition du confessionnalisme politique, le général Aoun a réitéré son soutien pour l’abolition du confessionnalisme politique mais à condition d’abolir également le confessionnalisme des esprits et d’assurer l’égalité entre les citoyens. « Il faut préciser quels sont les problèmes de la société libanaise et les résoudre l’un après l’autre avant d’abolir le confessionnalisme politique. Nous pouvons passer d’un climat à un autre subitement, il faut parvenir à moderniser les lois et à préparer les citoyens avant d’abolir le confessionnalisme politique », a-t-il conclu. |