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Transition en douceur à Riyad, pas d’impact prévu au Liban

22-06-2017

Scarlett HADDAD - O.L.J.

La nouvelle n'a pas constitué une surprise, même si elle est arrivée plus tôt que prévu, à la fin du mois de ramadan et à quelques jours de la célébration du Fitr. Le roi Salmane d'Arabie a donc décidé de nommer son fils préféré, l'émir Mohammad ben Salmane (âgé de 31 ans), héritier du trône. C'est la seconde fois dans l'histoire des Saoud que le nom de l'héritier est modifié en cours de mandat, la première ayant eu lieu lors de l'accession du roi Salmane au trône après le décès du roi Abdallah, qui avait désigné son plus jeune frère, l'émir Moqren, pour prendre la relève, tout en instaurant une nouveauté dans le système de la succession en nommant un héritier en second, en l'occurrence le prince Mohammad ben Nayef.

À peine installé sur le trône, le roi Salmane a donc désigné l'émir ben Nayef comme héritier au détriment de l'émir Moqren et nommé en même temps son fils Mohammad ben Salmane comme héritier en second. Dès lors, l'émir Mohammad ben Salmane n'a eu de cesse de chercher à conforter son pouvoir à l'intérieur et à l'extérieur, s'imposant comme le véritable homme fort du royaume. Les analystes parlaient alors d' « une guerre des deux Mohammad » qui aurait pu mal finir, mais le fils du roi avait dès le départ pris l'avantage sur son rival en raison de sa proximité avec le souverain. Depuis 2015, il n'a donc cessé de concentrer les pouvoirs entre ses mains, allant jusqu'à étendre son influence sur le ministère de l'Intérieur confié en principe à Mohammad ben Nayef, en plus du ministère de la Défense et du cabinet du roi.

Mohammad ben Nayef aurait pu continuer ainsi à grignoter chaque jour un peu plus les pouvoirs de son rival, mais il est clair qu'il n'avait plus beaucoup de temps, la santé du roi étant certes stable, mais pouvant se détériorer à n'importe quel moment. S'il venait à disparaître avant qu'il n'ait changé ses dispositions pour la succession, tout ce qui aurait été accompli depuis 2015 aurait été balayé par l'accession au pouvoir de Mohammad ben Nayef. Il fallait donc agir vite. Mais pour cela, il fallait surmonter les réserves des membres du Conseil de la royauté qui ne voyaient pas d'un très bon œil l'ascension rapide de l'héritier en second et s'inquiétaient de son jeune âge par rapport à la moyenne d'âge habituelle des dirigeants du royaume.

Selon les spécialistes du royaume, c'est la dernière visite de l'émir Mohammad ben Salmane en mai dernier à Washington qui aurait précipité les choses, ainsi que le sommet qui s'est tenu à Riyad en présence du président américain Donald Trump. Alors que pendant des années, l'émir Mohammad ben Nayef était considéré comme proche des États-Unis et un véritable pionnier de la lutte contre le terrorisme islamique, l'administration Trump aurait finalement opté pour l'accession au pouvoir de l'émir Mohammad ben Salmane qui a utilisé tous les moyens disponibles (groupes lobbyistes, médias, etc.) pour convaincre ses interlocuteurs américains de ses capacités à prendre les rênes d'un royaume au rôle stratégique dans l'étape actuelle.

La décision du roi a donc été annoncée à l'aube hier sans provoquer de remous apparents, et la guerre de succession annoncée est finie avant même d'avoir commencé. Toute la journée d'hier, les chaînes de télévision saoudiennes n'ont cessé de diffuser la scène de l'adoubement de l'émir Mohammad ben Nayef à l'émir Mohammad ben Salmane, qui a donc accepté son éviction sans protester comme l'avait fait avant lui l'émir Moqren.

S'il faut en croire Mojatahed (le célèbre twitteur saoudien à l'identité gardée secrète), le roi devrait abdiquer bientôt pour laisser les rênes du pouvoir à son fils. C'est un grand changement dans la tradition des Saoud, sachant que ceux-ci ont été connus au fil des ans pour adopter une politique de retrait, préférant tirer les ficelles sans s'impliquer directement. Mais le jeune émir a changé totalement la politique du royaume en lançant directement une offensive militaire contre les Ansarallah au Yémen et plus récemment en provoquant une crise plus que diplomatique avec le Qatar.

Selon un spécialiste des questions saoudiennes installé à Beyrouth, ces deux dossiers resteront primordiaux pour l'émir au pouvoir presque absolu. Par contre, le dossier syrien ne l'intéresse pas beaucoup et il serait prêt à jeter du lest en Syrie, moyennant des acquis au Yémen et au Qatar. Ce spécialiste qui a requis l'anonymat rappelle qu'en 2016, l'émir ben Salmane a rencontré à Riyad le général Ali Mamlouk. Certes, la rencontre n'a pas été déterminante et elle n'a pas eu de suivi en raison notamment de sa divulgation dans la presse, alors que les deux parties s'étaient engagées à la maintenir secrète. Mais c'était un premier contact qui montrait déjà que le prince héritier n'avait pas vraiment de position rigide sur le dossier syrien. Concernant le Liban, l'éviction de l'émir Mohammad ben Nayef peut être considérée comme une aubaine pour le Premier ministre Saad Hariri (que cet émir ne portait pas dans son cœur) et comme une mauvaise nouvelle pour Achraf Rifi. Mais, toujours selon le spécialiste précité, ces impressions sont des détails secondaires. Ce qui compte, c'est que le Liban n'est pas aujourd'hui une priorité pour le nouvel héritier du trône...

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