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Gaza et le Génocide Arménien

04-07-2010

Roger Akl

La Turquie et Israël, deux pays, deux démocraties d’un type spécial où la démocratie ne s’applique pas à tous d’une manière égale. Ce sont deux pays étrangers au monde arabe qui se sont sentis portés l’un vers l’autre par des intérêts particuliers : Israël, pour casser l’embargo musulman et avoir un allié de revers contre les Arabes, la Turquie, pour entrer en Occident et en Europe, par la grande porte, une porte que le gardien israélien peut leur ouvrir sur deux battants.

Les besoins de l’un et de l’autre les ont rendus complices, Israël protégeant la Turquie contre les conséquences de son négationnisme sur le Génocide Arménien, ses coups d’Etat, son manque de démocratie, sa conquête du Nord de Chypre, pays de l’Union Européenne, et la purification ethnique de ses chrétiens ; la Turquie, apportant une caution musulmane à la colonisation de Jérusalem-Est et de la Palestine, au blocus illégal de Gaza et à la purification ethnique rampante de la Cisjordanie.

Cela fut possible quand l’Armée gouvernait la Turquie avec l’aide des partis dits laïques, installés par Moustapha Kemal, pour « moderniser » la Turquie par la force des baïonnettes. Seulement, depuis l’élection de partis islamiques en Turquie, l’alliance entre les deux complices battait de l’aile. De plus, après les guerres d’Irak et d’Afghanistan et les renversements économiques du XXIème siècle, l’Occident a perdu beaucoup de sa puissance, l’Europe de son attrait, tandis que la Turquie était de nouveau tentée par ceux de l’Orient touranien et de son ancien empire arabe. Enfin, le peuple turc, libéré de la férule de son armée, pouvait exprimer ses sentiments envers ses frères musulmans de Palestine et de Gaza.

Arriva donc ce qui devait arriver et les troupes israéliennes massacrèrent neuf ressortissants turcs de la flottille d’aide à Gaza l’islamique, dont le parti islamique AKP, dirigeant la Turquie, s’était fait le protecteur.

Du coup, le gouvernement israélien et ses lobbies dans le monde occidental se sont sentis trahis et commencent à menacer de reconnaître le Génocide Arménien.

Les questions que s’est posées le journaliste Mark Arax et qui intéressent tous les Arméniens, en particulier, mais aussi les Moyen-Orientaux, en général, sont :

« Les Arméniens, vont-ils devenir complices de leaders juifs, soudain empressés d’adopter leur génocide ? Ou bien leur diront-ils ‘merci, non merci’ et rejoindront la Turquie pour défendre la cause palestinienne ? »

La réponse intéressée pourrait être, à première vue, de s’allier avec les leaders juifs qui peuvent leur ouvrir les portes de tous les gouvernements occidentaux. Mais le jeu en vaudra-t-il la chandelle ou y aura-t-il un moyen plus efficace et plus éthique d’arriver au but ?

En fait, nous venons de voir que l’Occident et l’Europe ont perdu beaucoup de leur attrait, de leur pouvoir et de leur puissance pour la Turquie, surtout comparés aux pays du Moyen-Orient, du Caucase et d’Asie.

De plus, comme toute démocratie, le gouvernement Turc a besoin de l’appui de sa population dont la majorité est musulmane et critique fortement les agissements d’Israël, qu’elle considère criminels contre ses frères musulmans de Palestine.

Enfin, quel intérêt peut trouver le parti AKP à poursuivre un négationnisme qui ne défendrait en fait que ses rivaux politiques ? N’oublions pas que le négationnisme turc est le fait des laïques, héritiers des Jeunes Turcs et de Moustapha Kemal, et rivaux et ennemis politiques de l’AKP. Ce dernier a-t-il les mêmes intérêts à défendre les criminels, responsables de ce génocide ? N’aurait-il pas plutôt intérêt à montrer que l’Islam et la Turquie qu’il défend sont une religion et un pays éthiques et justes, en reconnaissant finalement un génocide perpétré par « des criminels athées qui existent dans tous les pays, surtout dans des situations chaotiques comme le fut la Première Guerre Mondiale ? » Le gouvernement turc déferait ainsi ses adversaires politiques internes par « échec et mat ».

Nous voyons ici où se trouverait la décision idéale pour les Arméniens. En effet, même si les lobbies juifs faisaient reconnaître, par tous les parlements occidentaux, le Génocide, cela serait encore insuffisant. Car, ce génocide ne serait pas reconnu par le principal intéressé, la Turquie. De plus, les Arméniens, qui se battent pour faire reconnaître les droits de leurs ancêtres, sont en train de se battre surtout sur le terrain de la morale. Quelle crédibilité pourraient-ils avoir s’ils se rangeaient, pour une question cynique d’intérêts, du côté du plus fort, du plus injuste, du plus agressif, du plus illégal des occupants, Israël, dont l’action est condamnée, par beaucoup de penseurs mêmes juifs, comme inhumaine et indigne des martyrs de l’Holocauste, surtout de la part de leurs descendants ?

Que pouvons-nous dire des Arméniens qui nieraient les Droits de l’Homme en Palestine et à Gaza pour réclamer les Droits des martyrs arméniens du Génocide, droits qui ne peuvent leur être reconnus que par la seule Turquie ?

Que pouvons-nous dire des descendants chrétiens des Arméniens martyrs, qui sont morts pour leur croyance en Celui qui a dit en mourant « Père, pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ? » Renier la justice à Gaza, ce serait Le renier et renier la morale et la vérité, ce serait renier leurs martyrs et leur Génocide.

Par contre, s’ils montraient leur sens de la justice et de la vérité, en appuyant les Droits de l’Homme en Palestine, ils deviendraient non seulement plus crédibles dans leurs réclamations, mais encore ils ouvriraient au gouvernement turc la possibilité de quitter son négationnisme, sans perdre la face, et faciliteraient ainsi un retournement turc, vers une reconnaissance d’un Génocide que le monde entier ne peut que reconnaître, tandis que le gouvernement islamique turc y trouverait un moyen efficace pour détruire l’image de ses adversaires laïques.

Si cela arrivait, le Moyen-Orient finirait enfin par avoir la paix, une paix juste qui s’étendrait au monde, de la même manière que ses guerres et son instabilité ont risqué de le brûler, tandis qu’une Méditerranée en paix pourrait redonner à l’Europe son halo d’antan.

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