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Cinéma libanais. La résurrection d’une industrie

21-07-2017

Soraya Hamdan - Magazine

Le cinéma libanais est en effervescence. On assiste ces dernières années à une profusion de productions cinématographiques alors que le secteur ne bénéficie de presque aucun soutien public. En 2015, 31 films ont vu le jour pour 32,4 millions de dollars. Dans les festivals internationaux, les films libanais croulent sous les récompenses. Comment les professionnels parviennent-ils à trouver des financements? Pourquoi la production continue, sans être découragée par le peu de moyens ? Le secteur peut-il booster l’économie? Eléments de réponse.

Entre les Libanais et le cinéma, c’est une grande histoire d’amour qui ne date pas d’hier. Le cinéma libanais est l’un des plus anciens de la région. Il est né dans les années 1920 et, depuis, le pays a produit plus de 500 films, selon un rapport publié par IDAL (l’Autorité pour la promotion des investissements au Liban).

«Les Libanais ont toujours été des amoureux du cinéma, confirme Mario Haddad, le président des Cinémas Empire. La première salle est née en 1923. Entre 1925 et 1955, il existait une dizaine de salles autour de la place des Canons et chacune pouvait accueillir plus de 1 000 spectateurs».

De 1955 à 1975, c’est l’âge d’or du cinéma libanais. En 1966, le citoyen se rendait en moyenne seize fois par an au cinéma. Aujourd’hui, la fréquentation est tombée à une moyenne d’une fois par an pour un nombre total d’entrées frôlant les 4 millions.

16 499 sièges

«Durant les années 1955-1975, nous allions presque tous les soirs au cinéma, se souvient Mario Haddad. Après la place des Canons, les cinémas se sont installés dans le quartier de Hamra, où l’on pouvait trouver une quinzaine d’établissements. Puis, la guerre civile est passée par là. Certaines cinémas de Beyrouth ont quitté la capitale, pour s’installer dans des zones plus tranquilles, comme au Casino du Liban qui a été transformé en cinéma pendant un certain temps.»

Depuis les années 1990, les investissements ont repris avec le retour des salles obscures d’abord à Achrafié, Verdun puis, en 2013, l’inauguration du Cinemacity dans les souks du centre-ville, là où tout avait commencé cent ans plus tôt.

Aujourd’hui, le pays des Cèdres dispose de l’infrastructure d’exploitation la plus dense de la région, avec au moins 15 multiplexes, 94 écrans et 16499 sièges, selon un rapport de l’Observatoire européen de l’audiovisuel. Le Liban est le pays de la rive sud de la Méditerranée qui possède le nombre le plus élevé d’écrans de cinéma par individu.

«Quand j’ai commencé à travailler dans le cinéma en 2001, l’industrie était encore pratiquement inexistante au Liban, se souvient Pierre Sarraf, qui a fondé la maison de production Né à Beyrouth Films, en 2003. A cette époque, il se produisait peut-être un film tous les deux ans contre une moyenne de onze films par an à partir de 2010. La moyenne a grimpé à quinze films par an à partir de 2015». 31 films ont été réalisés en 2015, et 25 en 2016.

Création d’un écosystème

Cette fulgurante augmentation de la production a été rendue possible par la création progressive d’un écosystème. «Les écoles de cinéma mettent aujourd’hui plus d’une centaine de professionnels libanais qualifiés sur le marché chaque année, poursuit le producteur libanais. Des institutions ont été créées pour soutenir le cinéma libanais et arabe comme Beirut DC et le Festival Ayam Beirut Al Cinema’iya en 2000. «C’était à l’époque le seul festival arabe de films d’auteurs, les festivals de Dubaï et d’Abou Dhabi n’existaient pas encore, souligne Pierre Sarraf, nous avons beaucoup travaillé pour porter les films libanais sur la scène internationale. Aujourd’hui, nos films sont récompensés dans les festivals internationaux. Cela nous apporte de la légitimité et rend plus aisé le financement». Entre 2016 et 2017, trois des films produits par Pierre Sarraf ont été applaudis à l’international: Tombé du Ciel à Cannes, Insyriated à la Berlinale et Go home, au festival de Busan et de Dubaï.

Mais pour Hania Mroué, fondatrice du cinéma Sofil et membre du jury de la 56ème Semaine de la critique de Cannes cette année, «malgré les talents libanais, on ne peut pas encore parler de «cinéma libanais» car il n’existe pas de véritable industrie, que ce soit au niveau de la production ou de la diffusion de films. Le marché n’est pas encore bien développé et c’est bien dommage».

Aujourd’hui, le marché national compte une centaine de sociétés de production, dont 27 spécialisées dans le cinéma. Toujours selon le rapport d’IDAL, en 2015, un millier de personnes ont été employées directement dans la production cinématographique au Liban. Sur les 31 films qui ont vu le jour cette année-là, une trentaine de personnes a travaillé sur chaque film et cela sans prendre en compte les free-lance comme les maquilleurs, les coiffeurs embauchés pour les tournages, les habilleurs, les responsables du marketing...

Ces dernières années, les films libanais commencent à trouver leur public. Pour citer quelques exemples, Very Big Shot (Film Kteer Kbeer) a engrangé plus de 60 000 entrées et a été vendu à Netflix. Et maintenant on va où? de Nadine Labaki détient le record historique au Liban, avec 360 000 entrées. Un exploit, quand l’on sait que le blockbuster Titanic de James Cameron, en a fait 400 000. Les talents sont bien là, ils n’attendent que le soutien public pour pouvoir complètement rayonner.

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