L'association Save Beirut Heritage, l’APSAD, le Parti vert et le ministère de la Culture lancent officiellement la campagne médiatique pour l'application des lois de protection du patrimoine bâti, à l’Unesco ce jeudi 1er juillet.
A partir de la semaine prochaine, sur nos écrans de télévisions, sur internet, dans nos rues, nous pourrons voir « les tombeaux des anciens bâtiments décédés en 2010 ». C’est en effet le thème de la campagne médiatique lancée ce jeudi 1er juillet à l’Unesco par le ministère de la Culture, Save Beirut Heritage, l’APSAD et le Parti vert pour sensibiliser l’opinion sur la destruction quasi systématique du patrimoine architectural traditionnel libanais et faire le point sur la loi en vigueur.
La campagne est le fruit d’une rencontre entre des activistes de la société civile et le ministère de la Culture. « Nous avons interpelé le ministre de la Culture sur toutes ces démolitions d’immeubles et maisons anciens. Il travaillait déjà sur un projet de loi pour sauver ce patrimoine. Nous avons décidé de collaborer » explique Naji Esther de Save Beirut Heritage.
« Selim Wardé, le ministre de la Culture, prépare un projet de loi qui donnera plus de pouvoir au ministère. Selon le projet, avant chaque démolition, il faudra demander l’autorisation au ministère, qui sera apte à juger de la préservation ou non du bâtiment, » explique Naji Esther. Mais le jeune homme ne se réjouit pas trop vite : « Le projet de loi est élaboré. Mais j’ai peur qu’il reste dans les tiroirs du gouvernement et qu’il n’aboutisse pas. Ca pourrait prendre beaucoup de temps avant que le gouvernement ne s’engage dans son ensemble à protéger l’héritage architectural du pays. »
En attendant, Naji Esther, qui il y a quelques mois se désolait devant son impuissance face aux démolitions d’immeubles, a empêché avec son association la destruction de cinq bâtiments. Un à Sioufi, deux à Monot, et deux autres, rue du Liban, à Tabaris. « Lorsqu’on apprend qu’une démolition de maison traditionnelle va avoir lieu, on contacte l’Association de protection du patrimoine, qui dépend du ministère de la Culture et on lui demande d’intervenir. A la base, l’organisme travaille sur le patrimoine archéologique. Mais lorsqu’on lui soumet un dossier de démolition, il écrit une lettre au ministère de l’Intérieur qui envoie des gendarmes pour arrêter la démolition, » explique le jeune militant. |