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Ibrahim Kanaan de Bruxelles, optimiste pour l’adoption d’un budget comprenant les projets de réforme

01-02-2012

MPL Belgique

A l’invitation du Mouvement Pour le Liban en Belgique, le député et président de la commission des Finances du parlement libanais M. Ibrahim Kanaan a tenu une conférence au restaurant « Au Repos des Chasseurs » le dimanche 29 janvier, présentant la situation économique et politique du Liban dans le contexte mondial et régional.

Le député du Metn a d’abord mis en avant le contraste dans lequel nous vivons. La dégradation de la note en Belgique, France, et la situation de crise que connaissent l’Italie et l’Espagne, sans oublier la catastrophe grecque qui menace encore de faire sombrer la zone Euro… en opposition avec l’émergence des pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Cette situation économique a nécessairement un impact sur la situation politique dans le monde.

Au niveau interne libanais, il ne s’agit donc pas de polémiquer, ni de crier le plus fort, mais de lire le mieux cette situation internationale changeante.

Enchainant sur le passé, le député estime ainsi que depuis 1990, une nouvelle menace planait sur le Liban ; celle de l’élimination de son modèle de coexistence à travers la mise en place d’une tutelle syrienne, sous couvert saoudienne et américaine. Dans ce contexte, depuis 1993, le responsable ne rend plus de compte au citoyen et c’est pourquoi jusqu’à nos jours, nous n’avons toujours pas de budget.

En 2005, les Libanais auraient dû saisir l’opportunité du retrait syrien pour reprendre en main leur destin ainsi que leur indépendance. Au lieu de cela, ils sont rentrés dans la combine internationale, participant notamment à la lutte américaine contre la Syrie. Cette opportunité est donc ratée.

Après le retrait syrien, avec la guerre sunnito-chiite qui pointait le bout de son nez, le CPL a pris la décision de rapprocher le 14 Mars, représenté par le CPL, et le 8 mars, représenté par le Hezbollah. En signant cette entente, celle-ci a permis de protéger le Liban de toute ingérence étrangère et de toute explosion confessionnelle. Cette entente que le député aurait souhaité plus étendue, notamment à travers le dialogue national, a permis d’éviter plein de problèmes.

Cette étape étant franchie, la question est de savoir quel état et quel programme de réformes nous voulons aujourd’hui. Ceci fait actuellement l’objet d’un désaccord et de vision divergente. En effet, les réformes ne sont pas attaquées par le fond déplore M. Kanaan, le Liban sombrant depuis la fin de la guerre dans le système des services alors que l’enjeu est de sauver le pays de la banqueroute (les 60 milliards $ de dette) et de l’émigration permanente (40.000 Libanais par an quittent le pays). Le pays ne supporte plus les petites querelles de pouvoir et de services. Le temps est venu d’imposer la réforme.

Au niveau de la réforme de l’électricité, le CPL a fait son possible pour faire passer les 700MW alors qu’en 1993, un plan de 1,2 milliards de dollars était voté et destiné à fournir 1000MW… dont on attend encore 1 seul MW.
Il est donc primordial dans une démocratie de demander de rendre des comptes sur les erreurs du passé.

Aujourd’hui, seuls une dizaine de députés et quelques ministres travaillent réellement pour réformer ce pays. Or, le projet de réforme n’est pas seulement celui des députés et ministres mais celui des citoyens… dont le rôle est de voter pour des représentants qui travaillent pour eux.

Avant de discuter de la loi électorale, il aborde le confessionnalisme politique qu’il souhaite abolir un jour. Mais le député pose la question : « sommes-nous prêts sur le terrain ? » La loi électorale de 1960 ne fait que traduire la situation actuelle et pour passer à mieux, il faut de meilleures conditions sur le terrain d’après M. Kanaan.

Rappelant l’abandon de l’état du Sud jusqu’il y a peu, ainsi que la marginalisation des chrétiens pendant 15 ans, il a insisté sur l’importance du rôle que doit jouer l’état auprès de sa population.

« Notre projet est le retour des droits des citoyens, non pas au détriment d’autres citoyens, mais pour faire primer le projet de l’état. »

M. Kanaan a ensuite répondu aux nombreuses questions du public venu assister à son exposé.

Outre la nature de la prochaine loi électorale, le blocage des réformes proposées par le CPL fut largement discuté. La première question fut d’ailleurs ironique, se demandant comment le CPL allait pouvoir réformer et nettoyer le pays de la corruption s’il n’est même pas capable de faire sortir un seul fonctionnaire corrompu, compte tenu du réflexe communautaire du premier ministre M. Najib Mikati, qui défend bec et ongle les acquis surdimensionnés de la communauté sunnite. A cela, M. Kanaan a répondu que tout responsable politique a le réflexe de défendre sa communauté. Mais selon lui, ce qui interdit la réforme, c’est de faire passer sa communauté avant la compétence.

Le problème de la production électrique a fait l’objet d’un débat dans lequel le député a clarifié le contexte. Le CPL est contre la privatisation de l’électricité et de l’eau dans les conditions actuelles a-t-il asséné, dénonçant la politique menée jusqu’ici de brader les services de l’état à une société privée. Il développa ensuite son raisonnement par un exemple sur le principe de la concurrence. « Nous avions besoin d’un plan, il est là et maintenant c’est le financement qui se fait attendre », a-t-il conclu.

En réponse à une question sur le blocage permanent des projets de réforme du CPL et le défi de l’adoption d’un budget, M. Kanaan s’est voulu optimiste vis-à-vis de la réunion ministérielle du mardi 31 janvier dont le sujet principal sera le projet de budget, qui comprendra les recommandations présentées par la commission des Finances et qui reprend une grande part des réformes des ministres du gouvernement, dont ceux du CPL… d’où l’espoir du président de la commission des Finances de voir ce dossier démarrer sur de bonnes bases.

Par ailleurs, en réponse à une question sur les affaires de corruption de l’ancien premier ministre Fouad Siniora, M. Kanaan estime que ce n’est pas à lui de prendre le rôle de la justice. Il a cependant développé des exemples de détournement flagrant des fonds effectués sous le mandat Siniora.

Le thème de l’exploration pétrolière et gazière fut également débattu, notamment sur l’urgence de soumettre à exploitation la part libanaise des gisements situés à la frontière israélo-libanaise.

Le débat s’est clôturé par une réflexion sur la place de la culture dans les campagnes de promotion touristique du Liban.

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